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La musique du pendu...

Quelques statistiques :
  • Sujet cree par nox le 11/04/2011.
  • Derniere reponse par thie666 le 31/07/2011 - 22:45:36
  • Ce sujet contient 106 reponses.
nox
Fucking crazy maggot
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Message Poste le 11/04/2011 - 14:42:42
De Björk à Mussorgsky, de Jeff Buckley à Napalm Death en

passant par Michael Nyman et Katatonia sans oublier Brel ou même Sophia. Je pense pouvoir revendiquer un certain éclectisme

dans mes goûts musicaux. Mais dans ma discothèque bien chargée, il est un genre musical auquel je reviens toujours, comme un

premier amour, comme une passion avec laquelle j'entretiens un lien indéfectible depuis maintenant une dizaine

d'années.
Comme certains d'entre vous le savent déjà, il s'agit du black metal dit "dépressif" aussi

vulgairement appelé "black metal suicidaire" ou DSBM pour "Depressive Suicidal Black Metal".

Né en

Scandinavie au milieu des années 90 et fortement inspiré par des formations comme Burzum et son excellent "Hvis Lyset Tar

Oss" ou encore Bethlehem et son "Dictius Te Necare", le black metal dépressif a connu ses lettres de noblesse

en Suède avec l'essor de formations comme Shining ou Silencer.
On est désormais loin d'un black metal atmosphèrique

étiquetté mélancolique. A L'image de leur musique, les membres fondateurs de ces formations affichant un CV résolument chargé

d'antécédents psychiatriques : schizophrénie, maniaco-dépression, tentatives de suicide, toxicomanie, mutilation, escrocs

notoires... Le malaise et les rumeurs se répandent rapidement autour de ces adolescents perturbés.

A l'instar de leurs

aînés, leur message ne se concentre plus sur un quelconque anticonformisme religieux ou sur l'adoration du mâlin, le mot

d'ordre de cette scène semblant être : négativité. Une négativité déclinée tantôt dans un appel à l'autodestruction, tantôt

dans la haine de sa propre condition; un questionnement permanent sur le sens de la vie, de l'homme en ce monde, la

déclaration musicale d'un mal-être intérieur insoutenable. Le tout se voit accompagné d'une propagande de mauvais goût :

t-shirts aux mentions "Kill Yourself" ou "I Oppose Life", des artworks montrant tantôt un bébé portant un

revolver à sa bouche, tantôt une scène de suicide par pendaison. Sur scène, l'automutilation est de rigueur. Certains groupes

allant jusqu'à distribuer des lames de rasoir à son audience.
L'atmosphère est pesante, sang, alcool et drogues se

confondent dans une incantation macabre.

D'un point de vue musical, Silencer exprimera davantage sa folie furieuse et

son metal aliéné dans un répertoire d'une extrême rapidité. Hypothermia, plus vicieux, joue davantage la carte du mid-tempo.

Il n'y a donc pas de règle, tout dépend le message véhiculé.
Question chant, on rencontre de tout également. Mais il est

un fait que le standard en la matière est illustré par un chant volontairement suraigu ponctué ci et là d'hurlements écorchés

ou de pleurs. En studio, ce dernier se voit accompagné de toutes sorte de rituels (mutilation, ébouillantement...) permettant

ainsi de générer l'angoisse et la souffrance retranscrites dans les paroles.
Quelques marques de fabriques en la présence

itérative de breaks acoustiques ainsi qu'en un jeu de basse très rond et chaud contrastant avec la froideur et la violence

acérée des guitares.

Aujourd'hui, comme dans bien des scènes, les groupes pullulent. Et comme souvent, le meilleur

cotoie le pire. L'extrêmisme black metal consistant souvent à défendre un manque de talent certain par une production

inaudible ou à revendiquer l'originalité par le minimalisme.
Mais il est des groupes aux qualités indéniables qui sont

passés maîtres dans l'art d'instaurer une atmosphère d'une oppression rare et dont la discographie s'avère être une

expérience auditive ultra excitante.

Voilà pourquoi j'ai ouvert ce topic, pour vous les présenter.
Après cette

indigeste introduction, je vous parlerai dans un premier temps de ceux que l'on peut qualifier, selon moi et avec un maximum

d'objectivité, comme les pionniers du genre, je veux évidemment parler de SHINING.
J'alimenterai ensuite régulièrement ce

topic des nombreuses autres formations que compte ma discothèque en la matière.





SHINING est l'oeuvre d'un seul et

unique homme : le suédois Niklas Olsson Kvarforth. Adopté par une famille de Halmstad, Niklas ne connaîtra jamais ses parents

biologiques et son status d'adopté restera à jamais une tare pour lui. Niklas est un enfant perturbé. Il recueille les

animaux morts sur le bord des autoroutes pour les disséquer, à l'image de son idole, le serial killer américain Jeffrey

Dahmer aussi appelé "cannibale de Milwaukee".
C'est à douze ans que Niklas Kvarforth envisage la musique comme

l'exutoire de son mal-être. En 1996, Shining était né.
Deux ans plus tard, afin de promouvoir son oeuvre, Kvarforth (qui

se fait alors appelé Wraith) crée Selbstmord Services. En mai 1998, paraît alors le EP "Submit to Selfdestruction"

seul disque sur lequel le chant se verra confié à un autre chanteur en la présence d'un dénommé Robert.



Dans un black metal très burzumien, à l'image des

deux albums qui suivront "I - Within Deep Dark Chambers" et "II - Livets Andhällplats" (en français : le

terminus de la vie), Kvarforth y partage ses interrogations sur le sens de la vie.
En 2002 paraît "III - Angst :

Självdestruktivitetens Emissarie" (Peur, émissaire de l'autodestruction) et "IV - The Eerie Cold".
La

musique de Shining a muri, s'éloignant fortement de Burzum pour emprunter la voie d'un black metal plus personnel,

extrêmement froid et dramatique. Le chant y est vicieux, tantôt caverneux, tantôt hurlé. Les ambiances y sont lourdes de

mal-être, tragiques et profondément mélancoliques.
Les thèmes abordés font écho à la souffrance du jeune homme et à son

incapacité à progresser, évoluer et se débarasser de son "affligeante

maladie".



A la même époque, Kvarforth connaît de nombreuses déboires. Sa femme le quitte, embarquant avec elle leur unique enfant.

Son label sombre dans d'étranges histoires d'escroqueries: de nombreux groupes se plaignent de n'avoir jamais touché

d'argent sur les ventes de leurs disques. Kvarforth coule le label et s'exile en Norvège où il rencontrera Maniac

(ex-chanteur de Mayhem). Après quelques internements dans divers hopitaux psychiatriques, le gaillard d'exploiter davantage

le succès grandissant de son groupe.
C'est alors que se profileront les premières tournées de Shining à travers l'Europe

et la signature avec le label français Osmose Productions pour la sortie en 2007 de "V - Halmstad" considéré par

beaucoup comme le meilleur album du

groupe.

Shining

s'éloigne peu à peu de ce black metal dépressif dont il refuse d'ailleurs de porter l'étiquette, proposant un metal

volontairement lourd aux accents bluesy hautement mélancoliques, nuancés ci et là par quelques notes de piano, de violon... La

musique de Shining se veut plus dans la nuance.
C'est au prix de nombreux efforts que le groupe sort petit à petit de

l'ombre et connaît une renommée internationale qui lui permettra de tourner auprès des plus grands : Mayhem, Satyricon ou

encore, plus récemment, Watain.
En 2009, paraît l'album "VI - Klagopsalmer" sur lequel Kvarforth confiera

l'écriture de deux chansons aux deux guitaristes de ce qu'il appelle désormais son "groupe" (à défaut de sa

"boîte à outils".
L'album se veut plus "expérimental", une sorte d'Halmstad plus technique, truffé

de soli et peut-être moins maladif que ses prédécesseurs.

En mai prochain sortira le septième album du groupe, intitulé

"VII - Född Forlorare", sur le label finlandais, Spinefarm. Kvarforth le dit plus sombre et dans la droite lignée de

ce qu'Halmstad a commencé. Shining s'y entoure encore une fois de personnes de choix en la présence d'Erik Danielsson

(Watain), Chris Amott (Arch Enemy) ou encore Peter Bjärgo (Arcana, Sophia).
C'est peut-être là une des qualités de son

leader, sa capacité à s'entourer des bonnes personnes.
Durant sa carrière, ce n'est rien de moins qu'Hellhammer

(Mayhem), Leere (Silencer), Ludwig Witt (Spiritual Beggars), Graby (Ondskapt), John Doe (Craft) ou encore Jarle Byberg

(Urgehal) qui se sont succédés à la batterie et à la

guitare.



Facebook :

http://www.facebook.com/#!/shiningofficial
Myspace : http://www.myspace.com/shininghalmstad
Metal-archives :

http://www.metal-archives.com/band.php?id=2256
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nox
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Message Poste le 11/04/2011 - 15:29:09
Yop, et puis je poursuis par ce qui s'avère être, à mon sens,

le meilleur album de Shining, peut-être même de toute la scène black metal dépressive :

IV - The Eerie

Cold



D'une variété rare pour un album de black metal, The Eerie Cold est un petit bijoux de sensations

fortes. Alternant passages ambiants ou acoustiques avec agressions électriques, Kvarforth y plante le décor d'un homme malade

au bord du gouffre. Cette sensation d'explosion intérieur, d'état limite et de maniaco-dépression se fera ressentir tout le

long de l'album.

Ce dernier s'ouvre sur une introduction très bluesy, celle de "I Och Med Insikt Skall Du

Forga" (qu'on pourrait traduire par "voilà comment tu vas mourir" la guitare de John Doe (Craft) se permet

quelques envolées solistiques avant de se laisser rappeler à l'ordre par une guitare d'une froideur rare que la ronde et

chaude habituelle basse de Shining viendra contraster tout le long de l'album. L'équilibre est là. Ponctué par les

percussions tout en subtilité et en délicatesse d'un Hellhammer au meilleur de sa forme.
Les vocaux de Kvarforth se

veulent vicieux, comme désabusés, empreints de maladie et de désespoir. Imprévisibles, murmurés ici, hurlés là, tantôt comme

un ordre, tantôt comme une complainte.
Le premier morceau se termine sur une outro au piano, instrument doué pour accentuer

les atmosphères tragiques et désespérées.

Vient ensuite ce qui, à mon sens, s'avère être LE morceau de la discographie

de Shining : Vemodets Arkitektur (Architecture de la mélancolie). Kvarforth y raconte son histoire : celle d'un homme qui

n'arrive à rien. Un homme dont les nombreuses tentatives de sortir des sentiers de la dépression, des échecs, sont restées

vaines. La chanson renvoie merveilleusement bien ce sentiment de cycle, de serpent qui se mord la queue par un riff ultra

hypnotique présent en début et en fin de chanson.
Parlons-en de cette fin de chanson ! Elle est d'une profondeur rare, de

celle qui vous serre les tripes et vous fait mal au bide tandis que Kvarforth insiste, vous racontant que le tableau se

répète, inlassablement, de minute en minute, d'heure en heure, de jour en jour, de nuit en nuit, de vie en vie, de mort en

mort.

Le morceau suivant, "Nagonting är jävligt fel" (quelque chose de foutrement faux) s'ouvre sur une

introduction de toute beauté avant de partir un black'n'roll furieux dans lequel Kvarforth se plaint, encore une fois, de

cette "maladie qu'aucun traitement ne peut guérir... construite comme une tumeur cancéreuse pour bousiller avec

précision toute sa vie". La fin de la chanson s'emballe dans un solo très rock'n'roll et barré qui renvoie à une

impression un peu borderline et schizophrène.

"Eradication of the condition" démarre en trombe, décrivant un

tableau empreint de misanthropie et de nihilisme avant de se confondre dans un break de toute beauté aux accents une nouvelle

fois très bluesy. La guitare de John Doe fout les larmes aux yeux tant elle y est belle et subtile.

"The Eerie

Cold (Samvetskvalens Ballad)", comme chaque cinquième chanson des albums de Shining est un instrumental minimaliste sur

lequel apparaît un sample assez torturé d'un homme décrivant une vie "à l'envers" un peu à la manière d'un

"Benjamin Button"... étrange.

"The Claws Of Perdition" est en fait une réinterprétation d'une

chanson initialement écrite par Nattefrost (Carpathian Forest) pour son projet solo de punk black metal du même nom. La

chanson prend ici des accents très torturés sur les vocaux, très torturés eux aussi, de Kvarforth avant de prendre une

nouvelle fois les chemins d'un break très bluesy, le tout se finit en apothéose sur un sample d"American Psycho"

après les cris déchirés de Kvarforth.

Une pure petite bombe que je conseille aux amateurs d'ambiances noires et

sordides mais aussi aux amoureux de metal subtile et profond !
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nox
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Message Poste le 13/04/2011 - 04:28:21


SILENCER est un duo suédois à l'initiative du

multi-instrumentiste Leere et du chanteur Nattramn. Silencer est le groupe d'un seul album, subtilement intitulé "Death

- Pierce Me" qui verra le jour à l'automne 2001, soit peu de temps avant l'institutionnalisation de son chanteur en

asile psychiatrique.
Le décor est planté !
Là où, avec Shining, on se situe davantage dans le registre de l'émotionnel

et de l'affect, Silencer, lui, nous plonge dans les abysses de la folie dans ce qu'elle peut avoir de plus furieux, de

dangereux et de dérangeant.
La musique consiste en une agression électrique continue ponctuée (rarement) de quelques

accalmies (à la guitare sèche ou au piano).
Mais au-delà de la noirceur terrifiante, envoûtante et diabolique des

compositions, Silencer est davantage connu pour les qualités de brailleur de son chanteur.
Vous pensiez que Dani Filth

avait atteint les limites du mauvais goût avec son chant de tapette, c'est que vous n'avez pas encore fait connaissance avec

Nattramn et son chant tout simplement hallucinant.
S'il peut prêter à rire dès les premières secondes, il calme très vite

tant il est habité d'horreur et de folie. Il n'y a pas de doute possible, ce mec est vraiment malade ! Et il nous le prouve

à grands renforts de hurlements tantôt désespérés, tantôt macabres au possible. Nattramn crie, Nattramn ordonne, Nattramn

pleure,...
La légende voudrait que lors de l'enregistrement de "Death - Pierce Me", le gaillard a adopté pour

rituel de se mutiler les mains. Dans le livret accompagnant l'album, il est présenté les deux mains pansées par des bandages

laissant entrevoir des pattes de porc, le visage couvert d'un tissu imprégné de sang.



Dans les remerciements, on trouve des industries pharmaceutiques ou des centres psychiatriques...
Voilà qui

renforce le côté énigmatique et mystérieux des 6 compositions de ce chef d'oeuvre du genre.
Hystérique, complètement barré

! Certainement l'expérience musicale la plus étrange et désagréable à vivre ! Et le pire, c'est qu'on en redemande

!
http://www.spirit-of-metal.com/les%20goupes/S/Silencer%20(SWE)/Death%20-%20Pierce%20Me/Death%20-%20Pierce%20Me.jpg[/

img]

Metal-archives : http://www.metal-archives.com/band.php?id=8476
Myspace (fansite):

http://www.myspace.com/silencerswe
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Message Poste le 13/04/2011 - 04:48:13


IMPAVIDA est l'initiative d'un seul homme

connu sous le pseudonyme d'E.aka God killing himself (en référence à l'un des personnages de l'excellemment dérangeant film

d'Elias Merhige : Begotten). Ce jeune allemand s'est offert les services d'Herbst (Lantlôs) pour occuper le poste de

batteur de son projet.
Fondé en 2005, Impavida propose un black metal lancinant, aux atmosphères extrêmement pesantes,

crasseuses et glauques.
Les images que m'évoque l'écoute de leur seul et unique album "Eerie Sceneries" sont

celles d'une nuit d'un hiver brumeux, perdu au milieu d'une gigantesque maison en ruine où quelques rares filaments de

lumière se confondent en formes et apparitions inquiétantes. Un peu à la manière du final du Blair Witch Project. Mais ceux

qui ont eu l'opportunité de jeter un oeil à "Begotten" comprendront mieux de quoi je parle.
Ce disque en est la

bande originale parfaite !
Des ambiances à couper au couteau qui renvoient à un profond sentiment d'insécurité.
Des

samples réellement inquiétants à l'image de cet homme que l'on entend murmurer "SOS, help me" pendant

l'interminable dernier morceau de l'album.
Ou encore ceux du très dérangé "Salad Finger", dessin animé

illustrant le quotidien d'un étrange personnage aux doigts de salade et son goût pour les choses macabres...
Ci et là on

entend également des hommes et des femmes pleurer.
Et Impavida sait comment accroître l'inquiétude à laquelle renvoie

chaque titre, allant crescendo dans l'horreur, proposant des arrangements toujours plus oppressant.
On se sent comme

aspiré voire envoûté.

Malheureusement, Impavida ne

donne plus signe de vie depuis la sortie de son premier album et l'on se demande si E. lui programme un successeur.
En

attendant, ruez-vous sur ce premier effort ! C'est mieux et bien plus excitant qu'un film d'horreur

!!!


Metal-archives : http://www.metal-archives.com/band.php?id=125908
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Message Poste le 13/04/2011 - 12:34:20
Je me pose juste la

question...TotalSelfHatred, c'est assimilab(le au black dépressif ?
chanson du moment (EDIT le 21/12/10)

L'intelligence, c'est pas compliqué, il suffit de penser à une connerie et de dire l'inverse-Coluche
nox
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Message Poste le 13/04/2011 - 12:39:47
Dans un sens, oui.
Mais le message du groupe est

différent.
Il ne se fonde pas sur l'auto-apitoiement ni sur l'invitation au suicide.
Il part du principe que deux

négatifs s'annulent et proposent donc leur musique comme une sorte d'immense thérapie, comme une manière de se réunir et

"de se faire du bien".
Leur leitmotiv tient en ces mots "Ressurection through pain"... Tout est dit

!
Mais je leur consacrerai un post sur ce topic, ça va sans dire !
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nox
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Message Poste le 13/04/2011 - 22:17:16


C'est en 2005, à Stockholm, que Nattdal

(guitariste d'Ondskapt) et Kim Carlsson du one-man band de black metal dépressif Hypothermia, décident de créer

LIFELOVER.
Plus tard, les deux gaillards seront rejoints par d'autres membres tous très polyvalents, occupant tantôt le

poste de chanteur ou de parolier, tantôt celui de bassiste ou de pianiste...
Sur "Pulver", leur premier album, le

groupe proposera un rock à tendance metal très psychédélique et barré. Le concept est très... "urbain". On y parle

de d'addiction, de sans-abris, de misère, d'amour, de maladie... Le tout sur une musique très borderline flirtant avec

petites mélodies enfantines faussement joyeuses et metal cru et incisif.
Kim Carlsson, le brailleur d'Hypothermia, quant à

lui, se défonce et nous dévoile l'étendue de son impressionnant spectre vocal. Son chant est empreint d'angoisse, de

douleur, mais aussi de l'exaltation mégalo d'un maniaco-dépressif.
Le tout se voit accompagné ci et là de samples de la

vie de tous les jours : des chants chrétiens étiquettés famille américaine parfaite, des chansons d'enfants ou autres

vomissements dans les toilettes d'un endroit quelconque...
"Erotik", leur album suivant, se veut plus sombre

mais aussi plus varié.
L'alternance des chanteurs sur chaque chanson y est pour beaucoup. Ainsi, d'une chanson à

l'autre, les textes sont soit déclamés avec apathie, soit chantés (souvent volontairement faux d'ailleurs), soit hurlés...

L'alternance entre chansons guillerettes et rock dépressif accentuent encore plus ce sentiment de diversité.
Et pour

cause, les gaillards de Lifelover ne se fixent aucune limite. Dans leur musique, on trouve d'évidentes influences : The Cure,

Joy Division... mais leur répertoire penche aussi du côté de Katatonia ou même de Burzum. Et le mélange est on ne peut plus

exquis.

C'est en

2008 que paraît l'album, à mon sens, le plus réussi de la formation. Intitulé "Konkurs", l'album s'avère être une

subtile collection de ce que Lifelover fait de mieux. Une compilation très équilibrée entre des morceaux metal très barré,

rock dépressif et pop guillerette. On sent que Lifelover a soigné chaque détail. La production est léchée et l'album ne

souffre aucune longueur.
Lifelover explore toutes les facettes de la maladie mentale, de la dépression à l'exaltation en

passant par la colère, le désespoir, la mégalomanie, l'euphorie, l'apathie... Cet album pourrait être la bande originale de

la vie d'un psychotique.
Et pour cause, lorsque l'on regarde de plus près ses géniteurs, on comprend qu'il n'y a là,

pas l'ombre d'un doute.

Avec cet album, le groupe

gagne en notoriété. Konkurs sera d'ailleurs l'occasion pour Lifelover de donner leurs premiers concerts... très barrés, eux

aussi.
En 2009, Lifelover a sorti son premier EP. Intitulé "Dekadens", ce dernier n'a pas fait l'unanimité. La

formule devenant un peu trop prévisible et leur art, lui, s'essoufflant quelque peu. A noter cependant que Dekadens est la

seule parution de Lifelover sur laquelle figure un vrai batteur, sur les albums précédents, la batterie étant remplacée par

une boîte à rythme (qui a d'ailleurs fini par devenir la marque de fabrique du groupe).
Début 2011, Lifelover a sorti

"Sjükdom", sans doute leur album le plus agressif à ce jour. Plus typé metal et moins amusé que ses prédécesseurs,

l'album a été plébiscité par la presse.
Le groupe est actuellement en train de programmer les dates de leur prochaine

tournée qui, espérons-le, passera par la France !

Myspace :

www.myspace.com/lifeloverband
Site officiel : www.lifelover.se
Metal-archives :

http://www.metal-archives.com/band.php?id=68417
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i'mafuckingmaggot
BANNI
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Message Poste le 14/04/2011 - 16:50:48
Il déchire ton topic Nox. Surtout t'arrète pas

tu me fait découvrir des choses nouvelles qui changent de ce que j'écoute d'habitude. En plus j'aime bien ton style

d'écriture.
Prout!
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Message Poste le 14/04/2011 - 17:10:14


Impossible d'ouvrir un topic sur le black metal

dépressif sans aborder le cas XASTHUR et son hyperprolifique créateur : Scott Connor aka Malefic.
Xasthur est né aux

Etats-Unis, en 1995, avec la volonté de créer la musique la plus malsaine qui soit.
Xasthur, c'est ce groupe dont vous

avez certainement déjà entendu parler en des termes peu élogieux : logo indéchiffrable, production inaudible, compositions

indigestes et vocaux incompréhensibles.
C'est que Malefic se moque bien de créer une musique facile d'accès. On

s'éloigne donc fortement des standards du genre, le seul mot d'ordre étant ici de créer une musique horriblement lugubre et

sinistre. Et pour cela, tous les moyens sont bons.
Malefic répètera d'ailleurs souvent qu'il ne vise ni la gloire ni la

reconnaissance, que sa création lui appartient et qu'il est le seul à en écrire la destinée.

Xasthur officie dans un

black metal ténébreux, brumeux, "funéraire" comme souvent décrit dans la presse, aux justes frontières d'un doom

dont il exploitera souvent le côté lancinant et hypnotique.
Xasthur, c'est un peu la musique de vos funérailles. Les yeux

fermés, ce sont des cortèges endeuillés qui apparaissent, dans l'épais brouillard d'un matin d'automne.
Mais les centres

d'intérêt de Scott Connor ne se limitent pas qu'au suicide et au désespoir. Aussi, nombre de ses compositions parlent par

exemple des voyages astraux.



Musicalement parlant, les

marques de fabrique sont nombreuses. On n'évitera évidemment pas de parler de cette production hyper chargée. En fait,

Malefic enregistre chaque instrument sur un vulgaire 4 pistes. Et comme il aime en utiliser beaucoup, le résultat est

évidemment très... dense.
En règle générale, le tempo est relativement lent et les pièces à rallonge sont monnaie

courante.
On n'oubliera pas non plus de mentionner la voix qui, telle une apparition fantômatique ou un râle, s'avère

tout simplement incompréhensible mais foutrement angoissante tant elle est saturée et torturée.
Pour l'anecdote, c'est

depuis un cercueil dans lequel il était enfermé que Malefic a prêté sa voix à l'album "Black One" de SunnO))). Il

règne également dans les vocaux de Xasthur cette impression de claustrophobie et d'angoisse. On s'éloigne cependant

fortement des vocaux ultra démonstratifs de nombre de ses camarades de classe.
Du reste, Xasthur aime beaucoup les

dissonances. Mais alors vraiment beaucoup !
Surtout quand ces dernières sont agencées de manière à renvoyer un profond

sentiment de malaise. A ce titre, l'album "Subliminal Genocide" en est truffé de milliers et l'effet est garanti

!
Enfin, dernière marque de fabrique, ces épaisses nappes de clavier qui viennent ponctuer les morceaux ci et là d'un

profond sentiment de désespoir.



Pour les plus

courageux, certains albums demeurent quand même relativement faciles d'accès (entendez "pas trop trop mal

produits". Je pense notamment et surtout à "To Violate the Oblivious".
Si l'expérience stimule vos cages

à miel, vous serez assurément prêts à investiguer le reste de son imposante discographie : 8 albums, 9 splits et 3 EP.



Enfin, sachez que Malefic a annoncé le split de Xasthur en 2010 après la parution de son dernier album "Portal of

Sorrow" sur lequel, fait rare, il prêtera le micro à quelques invités.

Metal-archives :

http://www.metal-archives.com/band.php?id=4936
Myspace Fanpage : http://www.myspace.com/xasthurband
Site officiel :

http://xasthurnews.blogspot.com/
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Message Poste le 14/04/2011 - 17:46:40


TOTALSELFHATRED est une sorte de "cas à

part" dans la scène dépressive, l'ambition du groupe ne se fondant pas sur la complainte et l'auto-apitoiement et ne

poursuivant aucune propagande suicidaire.
Totalselfhatred est né en 2005, à l'initiative d'anciens membres de Horna et de

Pest.
La volonté du groupe était de proposer une musique davantage introspective, une sorte d'expérience intérieure. Par

l'intermédiaire d'un metal profondément mélancolique et soigné, Totalselfhatred invite l'auditeur à se chercher, se

comprendre, trouver un peu de lumière dans l'obscurité, à l'image d'un slogan fortement utilisé par le groupe qui parle de

"Résurrection à travers la

souffrance".



C'est après une première démo que le groupe voit son premier effort paraître sur le label Debemur Mortis,

fin 2008. Sobrement intitulé "Totalselfhatred", l'album se veut d'une richesse et d'une densité déconcertantes.

Les finlandais y proposent un black metal éthéré, fortement atmosphérique, d'une touchante délicatesse et d'une sublime

beauté.
Le mid-tempo est de rigueur mais certaines chansons laissent la part belle aux blast-beats et aux riffs acérés.


On compte trois guitaristes et trois chanteurs même si ce sont principalement les chanteurs A. et C. qui monopolisent

l'essentiel des pistes sonores de leurs chants respectivement caverneux et criard d'une complémentarité vraiment parfaite.

Les interventions de J. tiennent davantage en l'ajout de cris désolés.
On note également l'importante place accordée au

piano sur cet album, instrument apprécié du groupe pour sa capacité à susciter immédiatement l'émotion, et pour cause

!

Trois ans plus tard paraît "Apocalypse in your Heart", le second très attendu album de la formation. Plus

épique encore que son prédécesseur, l'album se veut aussi plus chaotique et explosif. La production renvoie à merveille ce

sentiment "d'apocalypse intérieure".
Encore une fois, l'émotion et la mélancolie occupent une place de choix

dans l'oeuvre des finlandais, les accalmies sont de toute beauté tandis que les accélérations vous rongent les tripes. Les

chants d'A. et C. se veulent très poignants tant dans les murmures que dans les cris.
Deux oeuvres de toute beauté qui

réconcilieront peut-être les sceptiques qui pensaient que le black metal dépressif est un repère de poseurs et de malades

mentaux (ce qui n'est pas totalement faux, ceci étant).





Site officiel : http://www.totalselfhatred.net
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Morality is significant like sound in vacuum...
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